Les résultats sont donc tombés hier peu après 20 heures.
Au niveau national, les listes de gauche récoltent 54,3% des voix contre 36,1% aux listes de la majorité présidentielle, et une participation à 51%.
Dans beaucoup de régions intéressées par une triangulaire, le FN dépasse les 20%.
En Rhône-Alpes, la liste Queyranne arrive en tête avec 50,8% (100 sièges), devant la liste Grossetête (34% pour 40 sièges) et la liste Gollnisch (15,2% pour 17 sièges), avec un taux d’abstention de 50,48% (contre 56,82% au 1er tour).
En Isère, la liste de gauche recueille 55,97% (22 sièges), la liste de l’UMP 29,52% (7 sièges), la liste FN 14,51% (3 sièges) avec un participation de 49,3%.
Plus localement, la 6ème circonscription présente des scores plus honorables, malgré une participation malheureusement trop basse de 46,4%. La liste Queyranne obtient 45,8% des voix contre 31,74% pour la liste Grossetête et 22,45% pour la liste Gollnisch.
Bien entendu, l’impression première est un résultat donnant la gauche vainqueur de ce scrutin.
Il faut savoir accepter la voix des urnes, aussi difficile soit elle. Il ne faut pas se cacher derrière une posture de façade laissant entendre qu’il n’y a pas de score sévère.
Pour autant, les interprétations allant bon train hier soir sur les plateaux de télévision, il est hasardeux de tenir des propos binaires et manichéens.
Il est délicat de sonder l’esprit des électeurs pour connaître ce qui les a amené à porter leur choix sur telle liste ou telle autre.
Je me permettrai alors une double lecture pouvant balayer l’ensemble des réflexions électorales et politiques.
Au niveau régional tout d’abord, on peut considérer un mode de scrutin et des compétences de l’institution encore trop obscurs pour mobiliser et faciliter le choix d’un programme impactant pourtant de façon importante le quotidien. Il sera nécessaire d’en tenir largement compte dans la simplification et la réforme des institutions.
Au delà de cela, le choix a été fait pour 4 ans par les Rhône-Alpins. Donc acte.
Mais je me réserve le droit d’émettre quelques inquiétudes quant aux possibilités d’action et au manque de visibilité de la majorité sortante. Dès hier soir, les avis divergents entre le PS et Europe Ecologie se faisaient entendre sur nombre de dossiers, divergences jusqu’alors passées sous silence pour ne pas effrayer l’électeur.
A titre plus intéressé, je demanderai directement à Monsieur Queyranne ses intentions concernant le train-tram Lyon-Crémieu dont il est venu se servir pour faire campagne. Va-t-il s’engager de façon plus importante sous la pression de ses alliés de circonstance ou laisser le projet en jachère après avoir feint de s’en préoccuper?
Au niveau national maintenant, il est possible de tirer de multiples conclusions, plus ou moins hâtives et ciblées, de ces résultats.
Il n’en demeure pas moins qu’un message est passé à travers le suffrage d’hier et il est indispensable d’ajuster l’action en fonction des attentes qui peuvent s’exprimer.
J’entends par là que les réformes nécessaires et essentielles pour une sortie de crise efficace et un meilleur fonctionnement de nos institutions doivent être menées à bien, quitte à soulager le législateur et l’opinion publique des réformes pouvant être considérées comme secondaires.
Le parlementaire que je suis dois aussi prendre sa part de l’exercice en faisant preuve d’une plus grande communication, d’une plus grande pédagogie et d’une plus grande clarté quant à l’objectif et la mise en œuvre de ces actions.
Pour rappel, rien ne vaut de se replonger dans les résultats des dernières élections régionales pour confirmer qu’un scrutin de mi-mandat est toujours sanctionnateur à l’endroit de l’exécutif en fonction. C’est sûrement le prix de l’action.
Pour ma part, je renouvelle tout mon soutien et toute ma confiance au Président et à son Gouvernement dans sa volonté d’agir pour le bien de la France et des français.
Retrouvez mon analyse plus complète ici